Le Malade imaginaire, de Molière (1673)

lemaladeimaginaireTitre : Le Malade imaginaire

Auteur : Molière

Année : 1673

Genre : Théâtre, classique, comédie

Histoire :

Argan est un homme qui est persuadé d’être malade et qui décide de marier sa fille à un médecin. Mais sa fille est amoureuse d’un autre…La moqueuse servante Toinette décide alors d’arranger les choses…

Critique :

Le Malade imaginaire, dernière pièce de Molière, me réconcilie avec un des dramaturges français les plus connus. J’avais détesté Le Misanthrope et Le bourgeois gentilhomme, décrochant à peine un sourire, les personnages ne m’intéressant pas ni même l’intrigue. Mais cette dernière œuvre m’a beaucoup surprise : dès le début, les personnages sont attachants, même les secondaires. L’intrigue est simple (mais sans l’être trop, c’est positif, au contraire),  intéressante, sans avoir trop de personnages, et surtout, et c’est ce qu’on attendrait quand même de Molière : c’est drôle ! La servante Toinette se permet des commentaires moqueurs et très comiques, et Argan, obsédé par sa soi-disant maladie et se sentant assailli de partout, est hilarant, notamment lors de passages jouant sur le comique de répétitions, avec deux personnages se répondant très rapidement et se confrontant par la parole, mais Argan étant généralement dépassé. Molière est également extrêmement critique envers les médecins et se met même en abîme dans la pièce, le personnage d’Argan se fâchant contre cet auteur qui n’aurait donc pas honte de se moquer ainsi des médecins !

Le Malade imaginaire est donc une belle surprise, dernière pièce de Molière mais qu’il faudrait peut-être lire en premier, car elle semble être plus aboutie que d’autres tout aussi connues mais moins intéressantes.

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Phèdre, de Racine (1677)

Après une assez longue absence, voici un court article sur une pièce de théâtre (encore !). La semaine prochaine, un article sur Jane Eyre de Charlotte Brontë que j’ai relu récemment…

phedreTitre : Phèdre

Auteur : Racine

Année : 1677

Genre : Théâtre, tragédie

Histoire : Phèdre, malade, va bientôt mourir. Elle est mariée à Thésée, mais confie pourtant à sa nourrice Oenone qu’elle est en fait amoureuse de son beau-fils, le jeune Hyppolyte. On annonce alors la venue du beau-fils et la mort de Thésée, et tout finit par s’enchaîner.

Critique : Je n’avais pas lu de tragédie de Racine depuis longtemps, et celles que j’avais lu jusque là, c’était en lisant une ligne sur deux et en ne comprenant même pas les vers que je lisais. J’ai donc  commencé Phèdre en me souvenant des ennuyeuses heures de lecture au collège. Erreur, car finalement, j’ai lu la pièce de Racine très rapidement et elle m’a beaucoup intéressée. J’ai toujours eu du mal avec les mythes et les dieux grecques, dont l’arbre généalogique m’a toujours paru un mystère impénétrable, où tout le monde est frère et sœur ou père et mère de tout le monde. C’était l’image que je m’en faisais. Eh bien Phèdre me donne finalement envie de découvrir plus la mythologique grecque, de m’y intéresser, si bien que le livre Les Métamorphoses d’Ovide est apparu sur ma PAL en lisant cette pièce.

A première vue, les vers de Racine m’ont paru aussi compliqué à comprendre que quand j’avais 13 ou 14 ans, mais en s’y plongeant bien, on finit par être envoûtés par cette histoire tragique qu’est celle de Phèdre.

Je ne peux donc que vous conseiller de lire cette pièce, surtout si comme moi, les tragédies de Racine ou les mythes grecques vous ont laissé de mauvais souvenirs des cours de français du collège. Les redécouvrir pourraient être une belle surprise…

Le bourgeois gentilhomme, de Molière (1670)

lebourgeoisgentilhommeTitre : Le bourgeois gentilhomme

Auteur : Molière

Année : 1670

Genre : Théâtre, comédie-ballet

Histoire :

Monsieur Jourdain, un bourgeois, veut apprendre les bonnes manières…

Critique :

Le Bourgeois gentilhomme devrait logiquement faire rire. Pourtant, c’est à peine si j’ai décroché un sourire en lisant cette pièce, à quelques répliques comme « Il y a quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien ». Le reste du temps, j’ai trouvé l’humour très lourd. Je n’ai pas non plus accroché aux multiples chants glissés dans le pièce. Le Bourgeois gentilhomme a été écrit pour être joué, peut-être la pièce est-elle plus amusante sur scène…

Un des points forts de cette comédie, cependant, est la critique très explicite du comportement des bourgeois. Monsieur Jourdain est d’une grande naïveté et d’un ridicule absolu.

En définitive, une pièce de théâtre dont j’attendais beaucoup, et qui m’a finalement beaucoup déçue.

« Art », de Yasmina Reza (1994)

artTitre : « Art »

Auteur : Yasmina Reza

Année : 1994

Genre : Théâtre

Histoire :

Serge, Marc et Yvan sont amis. Serge achète un jour un tableau blanc. Celui-ci va déclencher une dispute entre les trois hommes.

Critique :

J’ai parlé dans l’article précédent sur L’île des Esclaves des découvertes littéraires qu’on pouvait faire grâce aux cours de français. « Art » fait maintenant partie des pièces qui m’ont très agréablement surprise. Cette pièce très courte (moins de 100 pages, on la lit en une heure, le temps d’un trajet en train) est celle qui a fait connaître l’auteur Yasmina Reza dans le monde entier. Elle a été jouée par de très grands acteurs français comme Fabrice Luchini, Jean-Louis Trintignant, Pierre Arditi, Pierre Vaneck et Jean Rochefort, mais a été mise en scène partout, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon en passant par l’Afrique du Sud. La pièce a d’ailleurs été traduite en trente-cinq langues.

En plus d’être très comique, « Art » pousse à la réflexion de ce qu’est l’Art contemporain et le goût des autres. Ce tableau blanc à deux cents mille francs est beau pour Serge, mais pas Marc. Yvan, qui pense à son futur mariage, essaie d’être neutre et de ne pas se mettre ses deux amis à dos. Au fur et à mesure, la pièce va crescendo et la dispute devient de plus en plus violente.

Pour le plaisir, voici un extrait de la représentation de la pièce de Patrice Kerbrat, en 1994, avec les immenses Fabrice Luchini, Pierre Vaneck et Pierre Arditi, qui nous offre une tirade de quatre minutes exceptionnelle et hilarante…

L’île des esclaves, de Marivaux (1725)

liledesesclavesTitre : L’île des esclaves

Auteur : Marivaux

Année : 1725

Genre : Comédie (Théâtre)

Histoire :

Iphicrate, Euphrosine et leurs esclaves Arlequin et Cléantis sont tous naufragés sur l’île des esclaves. Trivelin, un habitant de l’île, annonce aux esclaves qu’ils vont pouvoir échanger leur nom et leur situation avec ceux de leur maître. Ceux-ci deviennent esclaves de Arlequin et Cléantis…

Critique :

Les livres que j’ai à lire pour le cours de français m’ont déjà réservé de très bonnes surprises. Des lectures « forcées » de grands classiques qu’on aurait jamais pris le temps de découvrir par soi-même se révèlent parfois être des œuvres magnifiques qui finissent dans la liste de nos préférées. Et puis parfois, c’est une vraie torture que de devoir les lire et on passe son temps à regarder le nombre de pages qui nous reste. Malheureusement, L’île des esclaves a fait partie pour moi de cette dernière catégorie. Dieu merci, c’est du rapide à lire et en une heure, on peut déjà passer à autre chose. La fin de la pièce est plutôt brutale, tout s’arrange en « deux ex machina », tout va bien dans le meilleur des mondes et tout le monde est vertueux.

L’an dernier, j’avais vu la mise en scène de Christine Berg, et je dois dire que, très plate, elle ne m’avait pas tellement mis l’eau à la bouche non plus.

Je m’arrête déjà là pour cette critique. L’île des esclaves n’est pas une œuvre très inspirante et dont la seule raison que je puisse trouver pour la lire est la curiosité de la découvrir pour pouvoir la juger par soi-même.