Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro (2005)

aupresdemoitoujoursTitre : Auprès de moi toujours (titre original : Never let me go)

Auteur : Kazuo Ishiguro

Année : 2005

Genre : Contre-utopie

Histoire :

Ruth, Tommy et Kathy ont grandi ensemble à Hailsham, avec des centaines d’autres enfants. Kathy, des années plus tard, se souvient et se met enfin à raconter leur vie. Au fil des pages, la terrible vérité est mise à jour peu à peu…

Critique :

Difficile, de classer un livre pareil et même de dire si on l’a aimé ou pas. Déjà l’adaptation de Mark Romanek, qui m’a permis de découvrir cette histoire, m’avait totalement décontenancée et m’avait mise très mal à l’aise, au point qu’aujourd’hui encore, je suis incapable de dire que j’ai aimé le film. C’est pourquoi j’avais très peur de lire l’œuvre de Kazuo Ishiguro, même si de cet auteur, j’avais adoré « Les Vestiges du jour ». C’est d’ailleurs cette première expérience des livres de l’écrivain britannique qui m’a poussée à lire « Auprès de moi toujours ». La première remarque que je puisse faire sur cette lecture, c’est que maintenant, je ferais confiance à Ishiguro à chaque fois et que ses autres œuvres, qui ne m’attiraient pas forcément, vont quand même aller sur ma PAL. Il a une écriture extraordinaire, une plume légère, grave et qui semble très détachée à la fois. C’est très spécial, mais elle m’a totalement entraînée. Kathy, la narratrice, raconte des souvenirs, les mélange, et pourtant on suit toujours le fil de l’histoire et on est jamais perdu. On est seulement entraîné dans un monde qui est pourtant réel, celui de l’Angleterre de la deuxième moitié du XXème siècle, mais qui semble pourtant inconnu parce que les personnages n’en font pas totalement partie. Comme l’adaptation, le livre m’a beaucoup secouée, mais beaucoup plus positivement et j’en garderai un meilleur souvenir. L’Histoire cependant révolte, et parfois les personnages aussi, parce qu’on a envie de les secouer et de mieux comprendre les sentiments qui les habite. Parce que même si Kathy nous partage son ressenti, je ne l’ai pas totalement comprise, et tous ces personnages (Ruth, Tommy et les autres), même si on a l’impression à la fin de les connaître, je ne les ai pas totalement cernés. C’est en fait comme cela que j’ai ressenti l’œuvre de Kazuo Ishiguro : on est avec les personnages, on est dans leur monde, mais il reste entre nous et leur âme une frontière transparente et poreuse. Finalement, cela ne m’a pas empêché de pleurer comme une madeleine à la fin, chose qui m’arrive rarement en lisant un livre, surtout dont je connaissais déjà le dénouement, mais l’impuissance du lecteur face au destin des personnages et la plume incroyable de Kazuo Ishiguro touche au plus profond du cœur…Et le souvenir de ses livres ne nous quitte jamais !

La Nuit des temps, de René Barjavel (1968)

lanuitdestempsTitre : La Nuit des temps

Auteur : René Barjavel

Année : 1968

Genre : Science-fiction

Histoire : Des scientifiques font une découverte incroyable en Arctique sous terre. Sous la glace, deux corps protégés dans un abri sont trouvés : ceux-ci dorment depuis 900.000. Cette trouvaille va conduire les savants à découvrir une histoire extraordinaire,  la leur tout d’abord, mais aussi une histoire d’amour magnifique et intemporelle.

Critique : Commençons par le seul reproche que l’on pourrait faire au roman, afin d’en être débarrassés : une histoire d’amour que l’on pourrait trouver à l’eau de rose et très idéalisé. Maintenant, je vais faire l’éloge de ce livre, parce qu’il n’est pas possible d’en faire autrement. Dès le début, Barjavel nous captive avec une histoire qui ne nous lâchera pas jusque la fin et qui ne nous épargnera pas de rebondissements en tous genres. Tout est bien ficelé et surtout exprimé clairement et sans (trop de) fioritures. Le style de Barjavel est fluide et permet une lecture claire et agréable : La Nuit des temps fait partie de ces livres que vous allez dévorer en trois jours. L’écrivain n’y fait pas qu’y raconter une histoire d’amour ou d’aventures. On ne manquera pas de s’interroger, après l’avoir lu, sur notre Histoire (avec un grand H) et notre rapport à elle. Barjavel parle également de la science et jusqu’à quels sacrifices et jusqu’où nous pouvons aller pour répondre aux questions scientifiques, mais écrit également sur la « politique internationale ». Il fait d’ailleurs cela avec beaucoup d’humour, à travers notamment le personnage d’Hoover. La Nuit des temps est donc un roman qui lie des moments tristes, d’autres très légers et drôles, et des moments de suspense.