Les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos (1782)

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Titre : Les Liaisons dangereuses

Auteur : Choderlos de Laclos

Année : 1782

Genre : Classique, roman épistolaire

Histoire :

A travers les lettres échangées entre les différents personnages, nous découvrons le vicomte de Valmont et la maquise de Merteuil, deux libertins amis et anciens amants mais pourtant en compétitions dans la séduction et les conquêtes. Valmont décide de séduire la vertueuse présidente de Tourvel et la marquise le met au défi de corrompre également la jeune et innocente Cécile de Volanges.

Critique :

Une longue lecture qui explique en partie le fait que je n’ai pas posté depuis longtemps, mais un roman très intéressant…

Contrairement à ce que le titre et le résumé semblent indiquer, Choderlos de Laclos n’a pas écrit un livre de libertinage, mais seulement un roman de mœurs où l’auteur dénonce le Mal régnant et corrompant même les personnages les plus vertueux. A travers de nombreuses lettres, il présente différents types de personnages ciselés et excellemment bien approfondis : le duo Valmont/Merteuil, de véritables libertins qui n’ont pour seul objectif les conquêtes et leurs « proies » (principalement Cécile de Volanges et la présidente de Tourvel). Valmont est un homme rusé, intelligent et donc dangereux. Il use de tous les moyens pour corrompre qui il veut et pour arriver à ses fins. Il semble maître de tout, comme son ancienne maîtresse, la marquise de Merteuil, libertine expérimentée et sans pitié mais qui, face au reste de la société, porte le masque de veuve vertueuse. A noter que les deux sont magnifiquement interprétés au cinéma par John Malkovitch et Glenn Close dans l’adaptation (parmi tant d’autres) du réalisateur Stephen Frears.

Dans son tableau des rapports amoureux et libertins mais aussi du besoin de vengeance, Choderlos de Laclos est particulièrement subtil et les passions des personnages sont par conséquent très convaincantes. En plus d’être soutenu par cela, l’œuvre est d’autant meilleure qu’elle est extrêmement bien écrite. Le style d’écriture est vraiment très beau malgré sa complexité, et les mots sont au service des sentiments des personnages et superbement bien utilisés.

Un classique à ne pas manquer, donc, et qui reste quand même très moderne !

La Dame du manoir de Wildfell Hall, d’Anne Brontë (1848)

ladamedumanoirdewildfellhallTitre : La Dame du manoir de Wildfell Hall (titre original : The Tenant of Wildfell Hall)

Auteur : Anne Brontë

Année : 1848

Genre : Roman épistolaire

Histoire :

Mrs. Helen Graham, une jeune veuve mystérieuse, arrive à Wildfell Hall avec son fils. Gilbert Markham, un fermier prospère promit à la fille du pasteur, tombe pourtant amoureux d’elle. Ne sachant s’il faut croire les rumeurs qui courent sur elle, il découvre peu à peu le passé et le mystère qui entoure cette jeune femme…

Critique :

NB : Ce livre a été plus souvent publié sous le nom de La Recluse du manoir de Wildfell Hall. Le titre La Dame du manoir de Wildfell Hall est celui d’Archipoche et de la traduction de Denise et Henry Fagne.

Ayant lu les deux œuvres majeures de Charlotte et Emily, j’avais hâte de découvrir celle de la troisième sœur Brontë, injustement moins connue auprès du grand public. En effet, je me suis rendue compte que La Dame du manoir de Wildfell Hall était égal aux Hauts de Hurlevents ou à Jane Eyre, voire supérieur. Après la mort d’Anne, Charlotte a eu la grossière erreur de dire que sa sœur avait mal choisi son sujet, l’alcoolisme. Elle ne savait pas qu’en réalité, il était en fait d’une grande modernité et que l’histoire du livre en faisait un des premiers grands romans féministes. C’est un des points que j’ai énormément apprécié d’ailleurs. Le personnage principal, Helen Graham, est une femme qui, avec son expérience, ne va pas hésiter à braver les conventions et va très justement conquérir sa liberté. Cela ne l’empêche pas d’être une femme généreuse, trop même au début. Mais, et c’est là encore une autre force du livre, les personnages évoluent au fur et à mesure de l’histoire et mûrissent.

En plus du fond, le roman m’a également beaucoup plu d’un point de vue de la forme. Comme les Hauts de Hurlevent d’ailleurs, il s’agit d’une histoire ancrée dans une autre histoire, des journaux intimes réécrits dans des lettres. J’aime beaucoup ce style qui consiste à mettre en abyme une histoire dans une autre histoire.

Œuvre donc à lire si vous aimez la littérature anglaise, et en particulier si vous avez aimé les autres Brontë : c’est un très beau bijou !

J’ai gagné ce livre à un des concours de Satinesbooks ! Mes remerciements à elle et n’hésitez pas à aller voir son blog, très soigné et aux critiques très agréables à lire ! 😀