Le Mystère d’Edwin Drood, de Charles Dickens (1870)

lemysterededwindroodTitre : Le Mystère d’Edwin Drood (titre original : The Mystery of Edwin Drood)

Auteur : Charles Dickens

Année : 1870

Genre : Roman à sensations

Histoire :

Edwin Drood est un jeune homme dont le destin est de se marier avec Rosa Bud. Mais la veille de Noël, il disparaît mystérieusement…Son oncle, John Jasper, se lance à sa recherche et soupçonne Neville Landless, jeune homme arrivé récemment avec sa sœur et qui avait eu une violente dispute avec Edwin Drood…

Critique :

L’année vient de commencer, et c’est déjà mon deuxième coup de cœur. Dickens m’avait tôt beaucoup plu, parfois moins, et j’avais hâte de découvrir ce dernier livre qui en fait le premier « roman à sensations » de l’auteur anglais. En effet, impressionné et jaloux à la fois du succès des œuvres de Wilkie Collins, il s’était à la fin de sa vie laisser tenter et avait donc bien entamé l’écriture de cette œuvre. Malheureusement, à cette époque, Charles Dickens est déjà vieux et sa santé s’était dégradée. Il est donc mort en ne finissant jamais son roman. Voulant garder le secret de la fin, il ne l’a racontée à personne et a enterré la solution du mystère d’Edwin Drood avec lui dans sa tombe. Ce dénouement, il a passionné beaucoup de personnes et de spécialistes qui se sont penchés sur la question. De nombreuses théories ont été émises. L’édition que je me suis procurée, d’Archi poche, a été achevée par le romancier Paul Kinnet qui a traduit et écrit donc une fin plausible. En finissant ce roman, j’ai été très convaincue par la solution qu’il apportait et elle me semble en effet la plus plausible, bien que j’aurais voulu peut-être avoir quelque chose de plus surprenant.

Pour ce qui est du reste du roman, j’ai été littéralement envoûtée par la plume de Dickens et par le ton terriblement ironique qu’il aborde souvent dans le récit. Il va même jusqu’à être hilarant en parlant par exemple des philanthropes. Edwin Drood met un certain temps à disparaître, et pourtant on ne s’ennuie pas une seule minute. Il est important de noter que contrairement à son habitude, il n’y a pas cette effusion de personnages qu’on retrouve habituellement chez Dickens. Ici, l’histoire reste quand même assez centrée sur les personnages d’Edwin, Rosa et Jasper et tous les autres sont très intéressants.

Je ne peux donc que vous conseillez ce roman, différent des précédents de Dickens et qui pour ma part, m’a vraiment passionné de bout en bout.

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La Dame en blanc, de Wilkie Collins (1860)

ladamenblancTitre : La Dame en blanc (titre original : The Woman in White)

Auteur : Wilkie Collins

Année : 1860

Genre : Roman à sensations

Histoire :

Walter Hartright est un jeune professeur de dessin qui se trouve un jour un poste à Limmeridge House, où il va devoir enseigner son art à deux jeunes filles. Mais une nuit, peu avant son départ, il croise à Londres une jeune femme habillée tout de blanc et qui se dit en danger. Elle disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Bientôt, Mr. Hartright découvre les secrets de cette mystérieuse personne mais aussi de Limmeridge House. Son enquête va le mener encore plus loin…

Critique :

Wilkie Collins est un auteur qui a connu beaucoup de succès en Angleterre au XIXème siècle pour ce qu’on appelait ses « romans à sensations ». Ce genre est précurseur de ce qu’on nomme aujourd’hui le roman policier ou à suspense. Et c’est ce qui est présent dans le livre de l’écrivain : le suspense.

La Dame en blanc est souvent considéré, avec Pierre de Lune, comme le chef d’œuvre de Wilkie Collins. Je n’ai pas encore lu ses autres romans (ce que je vais faire sans hésitation), mais je peux dire que celui-ci place déjà la barre très haut. La structure, un peu particulière mais qui rend le livre encore meilleur, repose en fait sur différents narrateurs qui livrent leur témoignage les uns après les autres. On a donc différents points de vues sur l’intrigue, qui est d’ailleurs rudement intéressante et très bien ficelée. Il y a souvent des rebondissements qui sont faites, au point que vers la moitié de ma lecture, après une grosse révélation qui aurait du attiser encore plus ma curiosité, elle s’est en fait amoindrie, parce que j’étais lassée de tous ces retournements de situation.

Heureusement, Wilkie Collins créé de nouvelles actions très intéressantes qui redonnent du poil de la bête au lecteur. Tout ce qu’on trouve dans nos romans policiers et thrillers d’aujourd’hui y est déjà dans ce roman, qui date pourtant du milieu du XIXème mais qui ne souffre ni de son style d’écriture ni de son histoire qui sont tous les deux très modernes. Au fil des pages, on découvre des morts (qui ne sont pas toujours morts ou qui meurent de manière horrible), des courses-poursuites, des enlèvements ou encore des complots qui menacent les personnages.

Parlons-en, d’ailleurs, des personnages. Le trio principal est extrêmement attachant et on frémit à chaque fois qu’un des trois caractères qui le compose se trouve en danger. Certains passages du roman sont très tendus et la tension monte parfois énormément. Je pense notamment à un long moment dans la première partie du roman. De petits événements s’enchaînent, les uns après les autres, et mettent les personnages sur la corde raide et lecteur dans une attente insupportable, parce qu’on sait qu’un moment, tout va « éclater ».

La Dame en blanc contient également quelques scènes anthologiques, parfois impressionnantes par leur modernité et qu’on ne s’attendrait pas forcément à trouver dans un roman d’un peu plus de 150 ans d’âge.

L’œuvre la plus connue de Wilkie Collins fait donc partie des livres que je vous conseille fortement de découvrir, en particulier si vous aimez les romans à suspense et autres thrillers actuels.