Le tueur et son ombre, de Herbert Lieberman (1989)

685694_10447775Titre : Le Tueur et son ombre (titre original : Shadow Dancers)

Auteur : Herbert Lieberman

Année : 1989

Genre : Policier

Histoire :

L’inspecteur Mooney enquête sur une série de crimes particulièrement violents. Mais alors que l’enquête piétine, le médecin légiste Konig découvre qu’il y a deux tueurs, le deuxième imitant le premier.

Critique :

Alerte au chef d’œuvre ! Après avoir adoré Nécropolis du même auteur, j’avais hâte de me replonger dans le New York un peu glauque de Herbert Lieberman. Si comme moi, vous êtes amateurs de meurtres particulièrement horribles et sanglants, de psychopathes particulièrement torturés et de flics particulièrement déterminés, vous allez aimer Le Tueur et son ombre. Lieberman a une vraie plume et sait nous transporter dans des scènes qui sont anthologiques. On est captivé de la première à la dernière page dans cette chasse à l’homme qui dure des mois et des mois et qui pourtant ponctuée régulièrement de retournements, de découvertes, de nouveaux meurtres. Le Tueur et son ombre m’a vraiment offert ce que j’attends d’un roman policier ; du divertissement mais pas seulement ; des personnages creusés qu’on puisse se représenter et auxquels on puisse s’attacher, un écriture efficace allant à l’essentiel mais qui prend également son temps pour nous décrire des scènes (oui, de crime particulièrement affreuses et d’autopsie mais pas seulement) et la psychologie des personnages et des moments inoubliables. Tout cela mène à une ambiance extraordinaire, avec une mention spéciale pour la vieille maison de Suki qui me hantera sûrement pendant des mois (et me rendra maniaque). Arrive finalement un dénouement digne de Lieberman que j’avais pressenti mais que j’ai pourtant pris grand plaisir à découvrir tellement la fin d’enquête est bien menée. Le Tueur et son ombre est donc une œuvre à ne pas manquer, surtout lorsqu’on est friand de romans policiers mais pas seulement, et qui causera sûrement bien des nuits blanches de lecture tant on veut connaître la suite et on est immergé dans ce New York criminel.

Publicités

Nécropolis, d’Herbert Lieberman (1976)

necropolisTitre : Nécropolis (titre original : City of the Dead)

Auteur : Herbert Lieberman

Année : 1976

Genre : Policier

Prix : Grand prix de littérature policière 1977 (roman étranger)

Histoire :

New York est la ville du crime et le docteur Konig, médecin légiste en chef, est aux premières loges pour s’en apercevoir. Tous les jours, il autopsie des cadavres de tout genre, jusqu’aux derniers qui sont arrivés par petits bouts, entendez membres tous découpés, une vraie soupe d’os.

Et puis un jour, sa fille Lolly disparaît. Konig va devoir la retrouver.

Critique :

Les coups de cœur deviennent une habitude, cette année…Mais ce n’est pas pour me déplaire, loin de là ! Surtout lorsque le dernier coup de cœur en question est un roman policier, genre que j’apprécie de plus en plus.

Dans ce domaine, Nécropolis est même plus qu’un policier. Herbert Lieberman, spécialiste du « policier new-yorkais », semble particulièrement bien renseigné sur le corps humain, en particulier lorsque celui-ci est en plusieurs morceaux et a passé un petit moment à moisir de la boue. Du coup, le lecteur a le droit à des descriptions absolument succulentes sur 500 pages, mais si vous aimez ce genre de malsainité autant que moi, vous allez adorer. Surtout que c’est intelligent, sur l’écriture comme dans l’histoire. Les personnages sont aussi vrais que nature, blasés dans la grosse pomme livrée à la violence et de laquelle ils semblent totalement prisonniers, pestant les uns contre les autres (on a d’ailleurs droit à de beaux échanges). Les intrigues se croisent, ayant en commun le personnage de Konig, et permettant de multiples rebondissements sans être lassants. Le coup de maître, et c’est ce dans quoi aurait pu tomber le roman, c’est que malgré ce milieu sombre et noir, Herbert Lieberman n’est pas déprimant.

Konig, lui, est une très belle trouvaille. C’est un personnage seul, obsédé par son travail, qui nous émoit par moment et qui pourtant, est un égoïste froid qui injurie ses collègues. C’est finalement un anti-héros total, un fonctionnaire dont la seule faille est la disparition de sa fille, mais sans cela, il serait vraiment détestable. Un personnage très fouillé psychologiquement que Lieberman nous offre donc là. L’auteur m’a convaincue et ses autres romans viennent de finir sur ma PAL.