La Jeune Fille à la perle, de Tracy Chevalier (1999)

lajeunefillealaperleTitre : La Jeune fille à la perle (titre original : Girl with a pearl earring)

Auteur : Tracy Chevalier

Année : 1999

Genre : Fiction historique

Histoire :

Tracy Chevalier imagine comment le peintre Vermeer a été inspiré pour peindre son tableau « La Jeune Fille à la perle », ainsi que l’histoire fictive de la jeune fille qui est peinte dessus.

Griet est une jeune fille issue d’une famille pauvre qui va travailler chez le peintre Vermeer. Celui-ci désire alors faire son portrait, mais le secret est dur à cacher et fait naître des rumeurs dans la ville…

Critique :

Je connaissais Tracy Chevalier de nom et ce livre m’intriguait beaucoup. On me l’a prêté et j’ai eu donc la possibilité de lire. Finalement, je ne suis pas trop surprise, et le livre est exactement comme je m’y attendais , avec des qualités et des défauts. Le point fort du roman est évidemment le personnage de Griet et la peinture qui est faite de l’époque de Vermeer, avec les conditions de vie, les relations entre les personnages, etc…En effet, et c’est là la seule surprise que m’a réservé le livre, Tracy Chevalier ne s’intéresse pas tellement à la relation entre Griet et Vermeer mais passe beaucoup de temps à nous décrire les conditions de travail de la jeune fille, et ses relations avec la famille Vermeer toute entière. C’est donc plus une « fresque » historique, qui s’attache donc à un petit monde de personnages qui se côtoient, qui s’attirent, se détestent, se surveillent. Et on en vient alors au grand défaut que j’ai trouvé à cette œuvre : ça manquait très franchement de profondeur, dans le sens où je pense que Tracy Chevalier aurait pu beaucoup plus creusé ses personnages, notamment les secondaires. Le roman est quand même assez court et aurait mérité   de gagner un peu en étouffement, je pense qu’une cinquantaine de pages de plus pour creuser tout ça n’aurait pas été de trop, quitte à prendre le risque que certains moments traînent un peu en longueur. Mais le tout aurait donc pu être alors plus intense et touchant, selon moi.

D’un point de vue de général, La Jeune fille à la perle reste quand même un très bon roman très intéressant et qui propose une jolie interprétation de l’histoire du tableau de Vermeer et une belle peinture de l’époque et du milieu dans lequel il a été peint. Je pense aussi jeter un coup d’œil à l’adaptation qui en a été faite avec Scarlett Johansson et Colin Firth.

La Voleuse de livres, de Markus Zusak (2005)

lavoleusedelivresTitre : La Voleuse de livres (titre original : The Book Thief)

Auteur : Markus Zusak

Année : 2005

Genre : Drame, historique, jeunes adultes

Histoire :

Ce récit est conté par la Mort elle-même. Pendant la deuxième guerre mondiale, la jeune Liesel vit en Allemagne avec ses parents adoptifs. Les livres vont l’aider à survivre.

Critique :

Succès littéraire et adapté au cinéma en 2013, je n’avais pourtant jamais entendu parler de ce livre. C’est une amie qui m’a offert ce livre, et sans cela je n’aurais sans doute jamais croisé le chemin de ce roman. Dès le début, l’écriture fluide de Markus Zusak nous entraîne et surtout l’histoire nous intrigue. Pendant plus de 500 pages, il n’y a pas eu de temps mort et j’ai continué à accrocher pendant tout le long. Le sujet est très intéressant et très bien traité. L’auteur sait rester très juste sur l’Allemagne nazie, la présentant de l’intérieur et bien sûr comme quelque chose qui faisait vraiment partie de la vie des Allemands et qui en captivait certain. Il ne diabolise pas tous les Allemands pour autant, montrant bien qu’ils étaient plus victimes qu’autre chose et que certains essayaient de résister. Malheureusement, le livre a ce défaut de vouloir à chaque fin de chapitre marquer le lecteur et l’émouvoir. Markus Zusak les finit par de courtes phrases et des expressions qui sont censées nous choquer et mettre l’accent sur un élément ou un événement terrible. Sauf que le stratagème finit par s’émousser sérieusement et que le côté émotion et dramatique de l’histoire perd très vite en vitesse. Markus Zusak aurait peut-être du moins vouloir émouvoir le lecteur pendant tout le roman afin que la fin soit encore plus forte qu’elle ne l’est déjà. Car même si, il faut le dire, elle fait pleurer, elle ne m’a pas marquée autant qu’elle l’aurait dû parce que les fins tristes de chapitre avaient fini par m’habituer à ce ton mélodramatique. Du coup, je regrette un peu ce côté-là parce que les idées de la fin étaient très bien et auraient pu constituer un final que je n’aurais jamais pu oublier. Dommage également que l’histoire avec Max se finisse aussi vite et que le dénouement (sans vous dire si il est heureux ou pas!) passe un peu aux oubliettes. J’avais l’impression qu’il s’agissait là d’un bon fil conducteur et un élément principal de l’histoire qui allait permettre de bien conclure le roman, mais il s’est finalement avéré que pas tellement.

Tant pis, parce qu’il n’en reste que La Voleuse de livres est quand même excellent et qu’il peut être destiné à des adolescents (il s’agit au départ d’un livre pour jeunes adultes) tout comme aux adultes, notamment à cause du sujet qui est vraiment passionnant.

Mystère rue des Saints-Pères, de Claude Izner (2003)

mystereruedessaintsperesTitre : Mystère rue des Saints-Pères

Auteur : Claude Izner

Année : 2003

Genre : Policier historique

Histoire :

Pendant l’été 1898, un événement incroyable se déroule dans la célèbre ville de Paris : l’Exposition Universelle. La Tour Eiffel vient d’être construite et attire déjà les foules. Cependant, se promener dans l’Exposition Universelle ne semble pas sans danger…Des personnes meurent après avoir été apparemment piquées par des abeilles. Le libraire Victor Legris va se retrouver plonger dans ce mystère et va résoudre sa première enquête…

Critique :

Depuis longtemps déjà les livres de Claude Izner (qui est en réalité un pseudonyme pour deux sœurs!) me faisaient de l’œil à la librairie, à cause de leur couverture à tomber par terre et de leur titre mystérieux. La série nous plonge dans le Paris de la fin du XIXème siècle avec un nouveau détective, libraire au départ, nommé Victor Legris. Paru il y a maintenant déjà dix ans, « Mystère rue des Saints-Pères » est le premier, avec Legris résolvant sa première enquête. Et c’est un début prometteur d’une longue série de livres toujours en cours d’écriture et de publication (le dernier paru en 2012, « Minuit, impasse du cadran »)…

Le principal point fort du roman vient du fond de toile de l’histoire, c’est à dire le Paris de l’Exposition Universelle de 1898. Claude Izner nous décrit notre capitale de manière très vivante et colorée. Il y a beaucoup de références à l’époque, avec des apparitions de personnages ayant vraiment existé, ainsi que beaucoup de livres cités. Je regrette d’ailleurs un peu toutes ces références littéraires qui, bien qu’intéressantes, sont parfois un peu « grosses » et à force d’en mettre plein dans les dialogues de certaines personnages (je pense notamment à ceux de Joseph), on perd un peu de naturel, du moins c’est mon ressenti. Quand à l’écriture, elle est très agréable, permet une lecture très entraînante et il y a très peu de moments ennuyeux. L’enquête est cependant un peu décousue, malgré les retournements de situations bien égrenés tout au long du roman, et Victor Legris donne l’impression de seulement tâtonner à certains moments et de ne pas vraiment enquêter, seulement d’avoir des soupçons. Mais j’ose penser que pour ses prochains mystères, il gagnera en professionnalisme et en expérience. Et pour finir, les personnages principaux comme les plus « secondaires » sont très attachants, et j’ai hâte de voir leur évolution dans les prochains tomes que je découvrirai avec plaisir.

Un beau moment de lecture donc, sans être pour autant le coup de cœur de l’année…