Mystère rue des Saints-Pères, de Claude Izner (2003)

mystereruedessaintsperesTitre : Mystère rue des Saints-Pères

Auteur : Claude Izner

Année : 2003

Genre : Policier historique

Histoire :

Pendant l’été 1898, un événement incroyable se déroule dans la célèbre ville de Paris : l’Exposition Universelle. La Tour Eiffel vient d’être construite et attire déjà les foules. Cependant, se promener dans l’Exposition Universelle ne semble pas sans danger…Des personnes meurent après avoir été apparemment piquées par des abeilles. Le libraire Victor Legris va se retrouver plonger dans ce mystère et va résoudre sa première enquête…

Critique :

Depuis longtemps déjà les livres de Claude Izner (qui est en réalité un pseudonyme pour deux sœurs!) me faisaient de l’œil à la librairie, à cause de leur couverture à tomber par terre et de leur titre mystérieux. La série nous plonge dans le Paris de la fin du XIXème siècle avec un nouveau détective, libraire au départ, nommé Victor Legris. Paru il y a maintenant déjà dix ans, « Mystère rue des Saints-Pères » est le premier, avec Legris résolvant sa première enquête. Et c’est un début prometteur d’une longue série de livres toujours en cours d’écriture et de publication (le dernier paru en 2012, « Minuit, impasse du cadran »)…

Le principal point fort du roman vient du fond de toile de l’histoire, c’est à dire le Paris de l’Exposition Universelle de 1898. Claude Izner nous décrit notre capitale de manière très vivante et colorée. Il y a beaucoup de références à l’époque, avec des apparitions de personnages ayant vraiment existé, ainsi que beaucoup de livres cités. Je regrette d’ailleurs un peu toutes ces références littéraires qui, bien qu’intéressantes, sont parfois un peu « grosses » et à force d’en mettre plein dans les dialogues de certaines personnages (je pense notamment à ceux de Joseph), on perd un peu de naturel, du moins c’est mon ressenti. Quand à l’écriture, elle est très agréable, permet une lecture très entraînante et il y a très peu de moments ennuyeux. L’enquête est cependant un peu décousue, malgré les retournements de situations bien égrenés tout au long du roman, et Victor Legris donne l’impression de seulement tâtonner à certains moments et de ne pas vraiment enquêter, seulement d’avoir des soupçons. Mais j’ose penser que pour ses prochains mystères, il gagnera en professionnalisme et en expérience. Et pour finir, les personnages principaux comme les plus « secondaires » sont très attachants, et j’ai hâte de voir leur évolution dans les prochains tomes que je découvrirai avec plaisir.

Un beau moment de lecture donc, sans être pour autant le coup de cœur de l’année…

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Enquête dans le brouillard, d’Elizabeth George (1988)

enquetedanslebrouillardTitre : Enquête dans le brouillard (titre original : A Great Deliverance)

Auteur : Elizabeth George

Année : 1988

Genre : Policier

Prix : Grand prix de littérature policière 1990

Histoire :

Dans le Yorkshire, William Teys est retrouvé assassiné, la tête coupée. A côté de lui, sa fille Roberta dit avoir fait cela et ne rien regretter. Deux policiers de Scotland Yard viennent de Londres pour enquêter : il s’agit de Thomas Lynley, bel inspecteur issu d’une famille riche et de Barbara Havers, d’origine modeste, pas très jolie et détestant Lynley et sa classe sociale.

Critique :

Premier livre d’Elizabeth George, c’est également le premier que je lis d’elle. Lynley et Havers se rencontrent et je les ai donc découvert en même temps. Bien que totalement opposés, ils sont attachants tous les deux et j’ai accroché immédiatement à cette équipe improbable, où les deux se complètent l’un l’autre grâce à leurs différences. Deux excellents personnages principaux lié au très beau style d’Elizabeth George, forcément je craquerai pour les autres livres de la série Lynley. Mais en plus de cela s’ajoute une enquête passionnante qui révèle tout le temps des surprises et qui tient en haleine jusqu’aux dernières pages. Même lorsque tout semble résolu, il y a encore de terribles découvertes. Car cette intrigue est en effet horrible, et je suis sortie bien secouée de cette lecture. Elizabeth George, bien qu’Américaine, place son histoire en Angleterre. Mais malgré les paysages romanesques de la campagne anglaise et les références à Jane Austen et surtout aux sœurs Brontë, on est très loin d’un petit meurtre « tranquille » à l’arsenic entre personnes de bonne société. Ici, la victime a eu le droit à la hache et à la fin, la « solution » et surtout la manière dont la vérité est dévoilée est macabre et très déstabilisante. C’est pourtant un beau « mélange » que nous livre Elizabeth George qui n’est donc pas un Agatha Christie ou un Conan Doyle, mais qui n’est pas pour autant un polar totalement noir à la Ellroy. C’est un juste milieu qui m’a beaucoup plu et que donc, je vous conseille sans hésitation.