L’Oeuvre, d’Emile Zola (1886)

loeuvreTitre : L’Oeuvre

Auteur : Emile Zola

Année : 1886

Genre : Classique

Histoire :

Claude Lantier, fils de Gervaise Macquart et d’Auguste Lantier, est devenu peintre et est installé à Paris dans son petit atelier. Un soir qu’il pleut, il retrouve devant sa porte une jeune fille nommée Christine, qui devient sa muse. Mais ses peintures sont mal reçues, Claude devient un artiste continuellement insatisfait et qui ne finit plus grand chose. Epaulé pourtant par Christine, il sombre peu à peu dans la folie en essayant d’achever une œuvre sur une toile géante…

Critique :

L’Oeuvre n’est de loin pas le meilleur roman d’Emile Zola, suivant le même schéma que l’Assommoir par exemple (l’histoire de Gervaise, mère de Claude), où le personnage principal sombre peu à peu dans la misère et la morosité, ce qui explique pourquoi la première moitié du roman est bien plus facile à lire.

Les personnages secondaires, bien que je m’y suis perdue un peu parfois (notamment avec tous les amis artistes, sauf les principaux), sont tout aussi attachants que Claude et parfois bouleversant. Il y a Christine bien sûr, qui soutient sans relâche son artiste et qui doit lutter contre cette œuvre qui finit par le prendre tout entier, ses amis comme Sandoz mais surtout un autre personnage, qui m’a beaucoup interpellé : l’enfant de Christine et Claude, Jacques. Leur œuvre à eux deux finalement, mais qui pâtit du métier et de la passion démesurée de son père pour son art. Et même lui, dans le pire, devient quelque chose à observer pour Claude, quelque chose à peindre. Car pour Claude comme pour Zola finalement, tout est à observer, tout est à peindre et  tout est à écrire.

L’Oeuvre est en effet surtout intéressant pour sa réflexion sur l’art. Pour le peintre Claude et son ami l’écrivain Sandoz, Emile Zola s’est inspiré en fait de lui-même et de son ami Cézanne. Zola, quand il parle des espoirs et des désespoirs de l’artiste, sait donc de quoi il parle. L’auteur naturaliste dresse une très belle peinture de la figure du peintre continuellement insatisfait, critiqué par le public et totalement obsédé par son art. Mais il décrit aussi très bien le monde de l’art en général, cela à travers les amis et les personnages qui entourent Claude : celui qui a du succès, celui qui veut faire du profit, celui qui veut conduire certains artistes à la gloire grâce à ces articles, etc…Il le fait à travers de scènes très bien écrites qui se déroulent dans le Salon, lieu où des centaines et des milliers de peintres exposent. Zola présente alors très bien les angoisses de l’artiste, cherchant où est placé son œuvre, son bébé, puis épiant les visiteurs et leur réaction, de peur qu’elle ne plaise pas parce que trop innovante. Une peur que Zola devait sûrement ressentir lui-même quand ses livres étaient publiés, et qu’il retranscrit très bien. Il parle aussi de la querelle entre les Anciens et les Modernes, querelle qui finalement continue dans certains arts, sauf que les Modernes sont devenus les Anciens. L’art, en continuelle évolution…

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« Art », de Yasmina Reza (1994)

artTitre : « Art »

Auteur : Yasmina Reza

Année : 1994

Genre : Théâtre

Histoire :

Serge, Marc et Yvan sont amis. Serge achète un jour un tableau blanc. Celui-ci va déclencher une dispute entre les trois hommes.

Critique :

J’ai parlé dans l’article précédent sur L’île des Esclaves des découvertes littéraires qu’on pouvait faire grâce aux cours de français. « Art » fait maintenant partie des pièces qui m’ont très agréablement surprise. Cette pièce très courte (moins de 100 pages, on la lit en une heure, le temps d’un trajet en train) est celle qui a fait connaître l’auteur Yasmina Reza dans le monde entier. Elle a été jouée par de très grands acteurs français comme Fabrice Luchini, Jean-Louis Trintignant, Pierre Arditi, Pierre Vaneck et Jean Rochefort, mais a été mise en scène partout, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon en passant par l’Afrique du Sud. La pièce a d’ailleurs été traduite en trente-cinq langues.

En plus d’être très comique, « Art » pousse à la réflexion de ce qu’est l’Art contemporain et le goût des autres. Ce tableau blanc à deux cents mille francs est beau pour Serge, mais pas Marc. Yvan, qui pense à son futur mariage, essaie d’être neutre et de ne pas se mettre ses deux amis à dos. Au fur et à mesure, la pièce va crescendo et la dispute devient de plus en plus violente.

Pour le plaisir, voici un extrait de la représentation de la pièce de Patrice Kerbrat, en 1994, avec les immenses Fabrice Luchini, Pierre Vaneck et Pierre Arditi, qui nous offre une tirade de quatre minutes exceptionnelle et hilarante…