Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis (1960)

pourquoijaimangemonpereTitre : Pourquoi j’ai mangé mon père (titre original : The Evolution man mais publié sous le nom What We Did to Father)

Auteur : Roy Lewis

Année : 1960

Genre : Humour

Histoire :

Ernest est un jeune homme du Pléistocène moyen qui vit avec sa famille en Afrique. Son père Edouard découvre le feu et est pour le progrès. Son oncle Vania, lui, est pour un retour aux arbres. La mère invente le barbecue, le petit frère William veut un animal de compagnie et Alexandre dessine sur les rochers.

Avec ce roman, partez à la découverte de cette famille dont les membres sont très inventifs…Un peu trop, peut-être ?

Critique :

C’est une amie qui m’a parlé de ce livre, et comme je cherchais de la lecture joyeuse pour lutter contre la déprime hivernale, je me suis laissée tenter. A vrai dire, je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai été un peu surprise au début. J’ai fini par rentrer dans l’histoire et par dévorer la deuxième partie à toute allure, et comme ils ont eux-mêmes mangé leur père. Je n’ai pas autant rit qu’en lisant un Terry Pratchett, mais certaines idées de Roy Lewis sont quand même assez délirantes. La famille d’Ernest est en fait très « avancée » et il y a de nombreux anachronismes, mais c’est ce qui rend ce livre aussi décalé et drôle.

En plus de l’aspect comique, Pourquoi j’ai mangé mon père a aussi un côté philosophique. L’auteur pose en effet des questions sur notre société actuelle et sur le progrès qui n’a malheureusement pas que des bons côtés. Par la découverte du feu, le personnage d’Edouard découvre ce qui crée un certain confort et ce qui permet de cuire les aliments, mais aussi ce qui peut brûler et détruire. Roy Lewis parle également de la condition des femmes, l’art, l’enseignement…Les personnages exposent chacun leurs arguments sur cela : d’un côté l’oncle Vania (dont la phrase favorite est « Back to the trees ! ») qui veut retourner à l’époque où l’on vivait encore dans les arbres et non pas dans des grottes et son frère Edouard, père du narrateur, qui a plein d’idées, qui aime les sciences et qui est tout le contraire de l’oncle Vania et de ses idées conservatrices.

Pourquoi j’ai mangé mon père est donc un bon livre qu’on lit rapidement et qui, en plus en nous faire rire, nous fait réfléchir sur l’homme et son évolution.

Le père Porcher, de Terry Pratchett (1996)

lepereporcherTitre : Le père Porcher (titre original : Hogfather)

Auteur : Terry Pratchett

Année : 1996

Genre : Fantasy

Histoire :

Tout est paré pour la nuit du Porcher…Suzanne, la petite-fille de la Mort, garde deux enfants qui ont peur des monstres. A l’Université de l’Invisible, les mages se préparent au traditionnel dîner du Porcher. Il manque cependant quelque chose…Le père Porcher, qui a disparu ! Heureusement, la Mort, accompagné de son fidèle Albert, s’occupe de le remplacer à l’aide d’une barbe postiche et d’un oreiller. Mais il faut absolument retrouver « l’original », et pour cela, c’est Suzanne qui s’en charge.

Critique :

Les vacances de Noël approchent (en fait, elles sont déjà presque passées, mais il n’est pas trop tard !) et vous ne savez pas quoi lire ? Le Père Porcher fait partie des livres parfaits à découvrir sous un sapin éclairé. Terry Pratchett parodie à merveille cette fête magique qu’est Noël et nous replonge en enfance. Tout y est : le père Porcher, son traîneau, son gros rire, les listes de jouets et même les mystérieuses traces de suies sur le tapis de cheminée. Par ceux qui connaissent déjà le Disque-Monde, on retrouve également les personnages habituels, et parmi eux ceux qu’on aime tant : la Mort bien sûr, mais aussi les mages de l’Université de l’Invisible, toujours aussi fous. Le Père Porcher présente pour la première fois un personnage dont on ignorait l’existence : la petite-fille de la Mort, Suzanne. Elle est ici un des personnages qu’on suit le plus, mais je ne m’y suis pas attachée plus que ça. Un autre personnage apparaît également, c’est celui de la Mort aux Rats, avec ses « COUII ».

Mais les moments les plus drôles restent ceux où la Mort et les mages sont présents…D’ailleurs, je ne puis m’empêcher de vous livrer un très court passage de ce roman. La magie de Pratchett ne s’explique pas, il faut le lire pour le croire et le comprendre…

Nous retrouvons donc les mages de l’Université de l’Invisible. Ceux-ci s’apprêtent à ouvrir une porte qui est restée fermée depuis très longtemps, et que l’archichancelier Ridculle désire ouvrir…

« Et il y a l’inscription, Ridculle, dit le doyen. Vous l’avez lue, je présume. Vous savez ? Celle qui dit : « N’ouvrez cette porte sous aucun prétexte » ?

– Évidemment que je l’ai lue, répliqua Ridculle. Pourquoi j’veux qu’on l’ouvre, d’après vous ?

– Euh… pourquoi ? fit l’assistant des runes modernes.

– Pour voir pourquoi on voulait qu’elle reste fermée, tiens. »*

Et, fidèle à lui-même, Terry Pratchett utilise les notes de bas de page pour renforcer ses effets comiques :

*Cette discussion contient presque tout ce qu’il faut savoir de la civilisation humaine. Du moins de tous ses vestiges aujourd’hui engloutis, enceints d’une clôture ou encore fumants.

Le Grand Livre des Gnomes, de Terry Pratchett (1989-1990)

Titre : Le Grand livre des gnomes (titre original : The Nome Triology)

Auteur : Terry Pratchett

Année : 1989-1990

Genre : Fantasy

Histoire :

Le Grand livre des gnomes est divisé en trois parties (Les Camionneurs, les Terrassiers et les Aéronautes), mais on le trouve plus couramment en un volume, en France en tout cas.

Il raconte l’histoire de Masklinn, gnome de 10 cm de hauteur, chef d’une petite tribu, qui garde avec elle depuis des millénaires le Truc. Un jour, ils arrivent dans le « Grand Magasin », Arnold Frères (fond. 1901) et découvrent des miliers d’autres gnomes qui pensent qu’en dehors du magasin, il n’y a rien. Mais le Truc leur fait alors une révélation : le Grand Magasin va être détruit. L’exode commence alors…

Critique :

A une époque où je ne lisais presque plus, j’ai redécouvert le bonheur de la lecture grâce à ce roman. Depuis, le Grand Livre des Gnomes est mon livre de chevet. Le style d’écriture de Terry Pratchett est assez fluide, encore faut-il relever les nombreuses références qu’il glisse habillement dans son texte. C’est en ça que lire les œuvres du romancier anglais le plus apprécié dans son pays après J.K.Rowling est passionnant. D’ailleurs, on ne s’en lasse jamais. L’humour fait encore rire après avoir lu quinze fois le livre, et c’est toujours avec plaisir qu’on peut relire des passages.

Le Grand Livre des Gnomes nous plonge en plus de cela dans un Grand Magasin merveilleux, où tout est parfaitement parodié, des rayons jusqu’aux évènements (les soldes, la liquidation totale, « Tout doit disparaître », etc…). Le ton de Terry Pratchett est unique. Soit on aime, soit on n’aime pas. (Mais en général, on aime…)