La vierge dans la glace, d’Ellis Peters (1982)

laviergedanslaglaceTitre : La vierge dans la glace (titre original : The Virgin in the ice)

Auteur : Ellis Peters

Année : 1982

Genre : Policier, historique

Histoire :

Dans le Moyen-Age anglais, pendant la guerre civile et en plein cœur de l’hiver, le frère Cadfael doit se lancer à la recherche de trois jeunes voyageurs égarés. Il trouve alors un corps dans la glace .

Critique :

Coup de cœur inattendu pour ce polar historique se déroulant pendant le Moyen-Age, en Angleterre ! Avant de commencer ce livre, je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve Frère Cadfael, moine, détective à ses heures perdues et accessoirement un des personnages les plus importants de l’écrivaine anglaise Ellis Peters.

Dès le début, nous sommes plongés dans une ambiance inquiétante, perdus avec les personnages dans des tempêtes de neige, des forêts et des paysages très bien « évoqués » par l’écriture d’Ellis Peters. L’enquête est intéressante et pleine de rebondissements. Il s’agit au départ de la recherche de trois voyageurs qui se sont enfuis d’un couvent à cause de la guerre, et cette œuvre devient alors un jeu de pistes, surmonté en plus d’un crime dont il faut trouver le coupable. Il y a donc vraiment de tout dans ce livre policier qui parfois, ressemblerait même à un roman d’aventures ! Les personnages sont attachants (notamment Yves et frère Elyas), et même si je ne connaissais pas Frère Cadfael, on l’apprécie très vite et on découvre rapidement son histoire personnelle (et la fin réserve une surprise incroyable et très belle !). Le monde des moines et des monastères durant le Moyen-Age, que je ne connais pourtant pas trop, m’a alors beaucoup intéressée et ce sera avec plaisir que je lirais d’autres livres de la série !

C’est donc un roman très réussi sur tous les plans et que je vous conseille vraiment pour passer un bon moment !

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14, de Jean Echenoz (2012)

14Titre : 14

Auteur : Jean Echenoz

Année : 2012

Genre : Roman historique

Histoire :

1914, Vendée. Deux hommes partent à la guerre et Blanche les attend tous les deux. Vont-ils revenir et dans quel état ?

Critique :

N’ayant eu aucun avis avant ma lecture sur ce livre à part quelques souvenirs de critiques entendues par des journalistes pendant la rentrée littéraire 2012, je me suis retrouvée à première vue très surprise par le roman qui était plus court que je ne l’imaginais. Quatre ans de guerre racontés en un peu plus de cent pages écrit en caractères plus gros que ceux de Martine, ça m’a paru très louche. Je ne connaissais pas l’écriture de Jean Echenoz, et j’ai découvert qu’elle est très minimaliste, ce qui en général ne me plaît pas trop. Mais j’ai passé outre et ai continué ma lecture, « adorant » le thème de la première guerre mondiale (sinon ce livre ne serait sûrement pas arrivé dans ma PAL) et voulant enfin découvrir ce livre qui se trouvait sur ma PAL depuis des lustres. Mon impression est plutôt positive, mais je reste mitigée sur certains points qui m’ont beaucoup gênée.

Premièrement, c’est en effet le roman qui est vraiment trop court, à peine le temps de se plonger dans la guerre qu’on en ressort déjà. Sans vouloir spoiler, inutile de parler des personnages, qu’on a à peine le temps de découvrir et auxquels je n’ai pas eu le temps de m’accrocher, à part peut-être les deux principaux, et encore. Ce sont des figures passagères dont on a même du mal à comprendre les liens entre eux parfois, tellement c’est flou et minimaliste, peut-être pour montrer à quel point les hommes sont anonymes dans cette terrible guerre, mais ça ne m’a pour ma part pas tellement convaincue, plus perdue qu’autre chose.

Ensuite, pour continuer sur les points négatifs, je citerai ce qui arrive souvent dans les romans historiques, et qui se voit ici d’autant plus que le livre est court : c’est cette manie de « citer ses recherches », finalement. J’ai trouvé Echenoz trop démonstratif sur le côté historique, certaines explications auraient pu être plus subtiles.

Je m’arrête ici sur les points négatifs, qui donneraient l’impression que je n’ai pas du tout aimé ce roman, ce qui est faux : il reste quand même que l’auteur donne une image intéressante de la guerre et que le livre est très intéressant à lire, surtout lorsqu’on s’intéresse à cette guerre. Je pourrais donc citer « 14 » comme un bon roman sans être excellent et qui me semble malheureusement trop expéditif sur cette guerre longue quand même de quatre ans.

La Jeune Fille à la perle, de Tracy Chevalier (1999)

lajeunefillealaperleTitre : La Jeune fille à la perle (titre original : Girl with a pearl earring)

Auteur : Tracy Chevalier

Année : 1999

Genre : Fiction historique

Histoire :

Tracy Chevalier imagine comment le peintre Vermeer a été inspiré pour peindre son tableau « La Jeune Fille à la perle », ainsi que l’histoire fictive de la jeune fille qui est peinte dessus.

Griet est une jeune fille issue d’une famille pauvre qui va travailler chez le peintre Vermeer. Celui-ci désire alors faire son portrait, mais le secret est dur à cacher et fait naître des rumeurs dans la ville…

Critique :

Je connaissais Tracy Chevalier de nom et ce livre m’intriguait beaucoup. On me l’a prêté et j’ai eu donc la possibilité de lire. Finalement, je ne suis pas trop surprise, et le livre est exactement comme je m’y attendais , avec des qualités et des défauts. Le point fort du roman est évidemment le personnage de Griet et la peinture qui est faite de l’époque de Vermeer, avec les conditions de vie, les relations entre les personnages, etc…En effet, et c’est là la seule surprise que m’a réservé le livre, Tracy Chevalier ne s’intéresse pas tellement à la relation entre Griet et Vermeer mais passe beaucoup de temps à nous décrire les conditions de travail de la jeune fille, et ses relations avec la famille Vermeer toute entière. C’est donc plus une « fresque » historique, qui s’attache donc à un petit monde de personnages qui se côtoient, qui s’attirent, se détestent, se surveillent. Et on en vient alors au grand défaut que j’ai trouvé à cette œuvre : ça manquait très franchement de profondeur, dans le sens où je pense que Tracy Chevalier aurait pu beaucoup plus creusé ses personnages, notamment les secondaires. Le roman est quand même assez court et aurait mérité   de gagner un peu en étouffement, je pense qu’une cinquantaine de pages de plus pour creuser tout ça n’aurait pas été de trop, quitte à prendre le risque que certains moments traînent un peu en longueur. Mais le tout aurait donc pu être alors plus intense et touchant, selon moi.

D’un point de vue de général, La Jeune fille à la perle reste quand même un très bon roman très intéressant et qui propose une jolie interprétation de l’histoire du tableau de Vermeer et une belle peinture de l’époque et du milieu dans lequel il a été peint. Je pense aussi jeter un coup d’œil à l’adaptation qui en a été faite avec Scarlett Johansson et Colin Firth.

La Voleuse de livres, de Markus Zusak (2005)

lavoleusedelivresTitre : La Voleuse de livres (titre original : The Book Thief)

Auteur : Markus Zusak

Année : 2005

Genre : Drame, historique, jeunes adultes

Histoire :

Ce récit est conté par la Mort elle-même. Pendant la deuxième guerre mondiale, la jeune Liesel vit en Allemagne avec ses parents adoptifs. Les livres vont l’aider à survivre.

Critique :

Succès littéraire et adapté au cinéma en 2013, je n’avais pourtant jamais entendu parler de ce livre. C’est une amie qui m’a offert ce livre, et sans cela je n’aurais sans doute jamais croisé le chemin de ce roman. Dès le début, l’écriture fluide de Markus Zusak nous entraîne et surtout l’histoire nous intrigue. Pendant plus de 500 pages, il n’y a pas eu de temps mort et j’ai continué à accrocher pendant tout le long. Le sujet est très intéressant et très bien traité. L’auteur sait rester très juste sur l’Allemagne nazie, la présentant de l’intérieur et bien sûr comme quelque chose qui faisait vraiment partie de la vie des Allemands et qui en captivait certain. Il ne diabolise pas tous les Allemands pour autant, montrant bien qu’ils étaient plus victimes qu’autre chose et que certains essayaient de résister. Malheureusement, le livre a ce défaut de vouloir à chaque fin de chapitre marquer le lecteur et l’émouvoir. Markus Zusak les finit par de courtes phrases et des expressions qui sont censées nous choquer et mettre l’accent sur un élément ou un événement terrible. Sauf que le stratagème finit par s’émousser sérieusement et que le côté émotion et dramatique de l’histoire perd très vite en vitesse. Markus Zusak aurait peut-être du moins vouloir émouvoir le lecteur pendant tout le roman afin que la fin soit encore plus forte qu’elle ne l’est déjà. Car même si, il faut le dire, elle fait pleurer, elle ne m’a pas marquée autant qu’elle l’aurait dû parce que les fins tristes de chapitre avaient fini par m’habituer à ce ton mélodramatique. Du coup, je regrette un peu ce côté-là parce que les idées de la fin étaient très bien et auraient pu constituer un final que je n’aurais jamais pu oublier. Dommage également que l’histoire avec Max se finisse aussi vite et que le dénouement (sans vous dire si il est heureux ou pas!) passe un peu aux oubliettes. J’avais l’impression qu’il s’agissait là d’un bon fil conducteur et un élément principal de l’histoire qui allait permettre de bien conclure le roman, mais il s’est finalement avéré que pas tellement.

Tant pis, parce qu’il n’en reste que La Voleuse de livres est quand même excellent et qu’il peut être destiné à des adolescents (il s’agit au départ d’un livre pour jeunes adultes) tout comme aux adultes, notamment à cause du sujet qui est vraiment passionnant.

Mystère rue des Saints-Pères, de Claude Izner (2003)

mystereruedessaintsperesTitre : Mystère rue des Saints-Pères

Auteur : Claude Izner

Année : 2003

Genre : Policier historique

Histoire :

Pendant l’été 1898, un événement incroyable se déroule dans la célèbre ville de Paris : l’Exposition Universelle. La Tour Eiffel vient d’être construite et attire déjà les foules. Cependant, se promener dans l’Exposition Universelle ne semble pas sans danger…Des personnes meurent après avoir été apparemment piquées par des abeilles. Le libraire Victor Legris va se retrouver plonger dans ce mystère et va résoudre sa première enquête…

Critique :

Depuis longtemps déjà les livres de Claude Izner (qui est en réalité un pseudonyme pour deux sœurs!) me faisaient de l’œil à la librairie, à cause de leur couverture à tomber par terre et de leur titre mystérieux. La série nous plonge dans le Paris de la fin du XIXème siècle avec un nouveau détective, libraire au départ, nommé Victor Legris. Paru il y a maintenant déjà dix ans, « Mystère rue des Saints-Pères » est le premier, avec Legris résolvant sa première enquête. Et c’est un début prometteur d’une longue série de livres toujours en cours d’écriture et de publication (le dernier paru en 2012, « Minuit, impasse du cadran »)…

Le principal point fort du roman vient du fond de toile de l’histoire, c’est à dire le Paris de l’Exposition Universelle de 1898. Claude Izner nous décrit notre capitale de manière très vivante et colorée. Il y a beaucoup de références à l’époque, avec des apparitions de personnages ayant vraiment existé, ainsi que beaucoup de livres cités. Je regrette d’ailleurs un peu toutes ces références littéraires qui, bien qu’intéressantes, sont parfois un peu « grosses » et à force d’en mettre plein dans les dialogues de certaines personnages (je pense notamment à ceux de Joseph), on perd un peu de naturel, du moins c’est mon ressenti. Quand à l’écriture, elle est très agréable, permet une lecture très entraînante et il y a très peu de moments ennuyeux. L’enquête est cependant un peu décousue, malgré les retournements de situations bien égrenés tout au long du roman, et Victor Legris donne l’impression de seulement tâtonner à certains moments et de ne pas vraiment enquêter, seulement d’avoir des soupçons. Mais j’ose penser que pour ses prochains mystères, il gagnera en professionnalisme et en expérience. Et pour finir, les personnages principaux comme les plus « secondaires » sont très attachants, et j’ai hâte de voir leur évolution dans les prochains tomes que je découvrirai avec plaisir.

Un beau moment de lecture donc, sans être pour autant le coup de cœur de l’année…

Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro (2005)

aupresdemoitoujoursTitre : Auprès de moi toujours (titre original : Never let me go)

Auteur : Kazuo Ishiguro

Année : 2005

Genre : Contre-utopie

Histoire :

Ruth, Tommy et Kathy ont grandi ensemble à Hailsham, avec des centaines d’autres enfants. Kathy, des années plus tard, se souvient et se met enfin à raconter leur vie. Au fil des pages, la terrible vérité est mise à jour peu à peu…

Critique :

Difficile, de classer un livre pareil et même de dire si on l’a aimé ou pas. Déjà l’adaptation de Mark Romanek, qui m’a permis de découvrir cette histoire, m’avait totalement décontenancée et m’avait mise très mal à l’aise, au point qu’aujourd’hui encore, je suis incapable de dire que j’ai aimé le film. C’est pourquoi j’avais très peur de lire l’œuvre de Kazuo Ishiguro, même si de cet auteur, j’avais adoré « Les Vestiges du jour ». C’est d’ailleurs cette première expérience des livres de l’écrivain britannique qui m’a poussée à lire « Auprès de moi toujours ». La première remarque que je puisse faire sur cette lecture, c’est que maintenant, je ferais confiance à Ishiguro à chaque fois et que ses autres œuvres, qui ne m’attiraient pas forcément, vont quand même aller sur ma PAL. Il a une écriture extraordinaire, une plume légère, grave et qui semble très détachée à la fois. C’est très spécial, mais elle m’a totalement entraînée. Kathy, la narratrice, raconte des souvenirs, les mélange, et pourtant on suit toujours le fil de l’histoire et on est jamais perdu. On est seulement entraîné dans un monde qui est pourtant réel, celui de l’Angleterre de la deuxième moitié du XXème siècle, mais qui semble pourtant inconnu parce que les personnages n’en font pas totalement partie. Comme l’adaptation, le livre m’a beaucoup secouée, mais beaucoup plus positivement et j’en garderai un meilleur souvenir. L’Histoire cependant révolte, et parfois les personnages aussi, parce qu’on a envie de les secouer et de mieux comprendre les sentiments qui les habite. Parce que même si Kathy nous partage son ressenti, je ne l’ai pas totalement comprise, et tous ces personnages (Ruth, Tommy et les autres), même si on a l’impression à la fin de les connaître, je ne les ai pas totalement cernés. C’est en fait comme cela que j’ai ressenti l’œuvre de Kazuo Ishiguro : on est avec les personnages, on est dans leur monde, mais il reste entre nous et leur âme une frontière transparente et poreuse. Finalement, cela ne m’a pas empêché de pleurer comme une madeleine à la fin, chose qui m’arrive rarement en lisant un livre, surtout dont je connaissais déjà le dénouement, mais l’impuissance du lecteur face au destin des personnages et la plume incroyable de Kazuo Ishiguro touche au plus profond du cœur…Et le souvenir de ses livres ne nous quitte jamais !

La Chute des géants (Le Siècle), de Ken Follett (2010)

lachutedesgeantsTitre : La Chute des géants (Le Siècle, Tome 1) (titre original : The Fall of giants)

Auteur : Ken Follett

Année : 2010

Genre : Roman historique

Histoire :

Pendant la première guerre mondiale, les destins croisés de personnages de différents pays qui plongent les uns après les autres dans la guerre.

Critique :

Je lis rarement les best-sellers du moment ou des dernières années, mais finalement, j’ai quand même bien fait de me laisser tenter par La Chute des géants, car il s’agit de mon deuxième coup de cœur de cette année 2013. Je n’avais jamais lu de livres de Ken Follett, mais depuis quelques années, j’entends de plus en plus parler de cet auteur passionné d’histoire. Cependant, et c’est une des bonnes surprises du roman, Ken Follett n’envahit pas son œuvre d’explications historiques. Il  nous fait cependant quand même pénétrer dans les rouages de la politique et des stratégies militaires de la première guerre mondiale, mais tout en restant très ludique et sans être ennuyeux. C’est qu’en plus, Ken Follett a une plume fantastique qui, sans être trop simpliste, reste pourtant facile à lire. Le pavé qu’est La Chute des géants se lit donc très très facilement et sans problème.

Pour finir, en plus de dresser une magnifique fresque de la Grande Guerre, Ken Follett livre dans son œuvre des scènes que j’ai trouvé pour ma part absolument mythique, le genre de scène dont on se souvient. Un beau coup de cœur donc pour La Chute des géants, qui me donne envie d’aller dévorer les autres livres de l’auteur et qui je l’espère, vous donnera envie à votre tour de découvrir ce roman passionnant.

Comme pour La Dame du manoir de Wildfell Hall, j’ai gagné ce livre à un des concours de Satinesbooks ! Une fois de plus, mes remerciements à elle ! 😀

Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis (1960)

pourquoijaimangemonpereTitre : Pourquoi j’ai mangé mon père (titre original : The Evolution man mais publié sous le nom What We Did to Father)

Auteur : Roy Lewis

Année : 1960

Genre : Humour

Histoire :

Ernest est un jeune homme du Pléistocène moyen qui vit avec sa famille en Afrique. Son père Edouard découvre le feu et est pour le progrès. Son oncle Vania, lui, est pour un retour aux arbres. La mère invente le barbecue, le petit frère William veut un animal de compagnie et Alexandre dessine sur les rochers.

Avec ce roman, partez à la découverte de cette famille dont les membres sont très inventifs…Un peu trop, peut-être ?

Critique :

C’est une amie qui m’a parlé de ce livre, et comme je cherchais de la lecture joyeuse pour lutter contre la déprime hivernale, je me suis laissée tenter. A vrai dire, je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai été un peu surprise au début. J’ai fini par rentrer dans l’histoire et par dévorer la deuxième partie à toute allure, et comme ils ont eux-mêmes mangé leur père. Je n’ai pas autant rit qu’en lisant un Terry Pratchett, mais certaines idées de Roy Lewis sont quand même assez délirantes. La famille d’Ernest est en fait très « avancée » et il y a de nombreux anachronismes, mais c’est ce qui rend ce livre aussi décalé et drôle.

En plus de l’aspect comique, Pourquoi j’ai mangé mon père a aussi un côté philosophique. L’auteur pose en effet des questions sur notre société actuelle et sur le progrès qui n’a malheureusement pas que des bons côtés. Par la découverte du feu, le personnage d’Edouard découvre ce qui crée un certain confort et ce qui permet de cuire les aliments, mais aussi ce qui peut brûler et détruire. Roy Lewis parle également de la condition des femmes, l’art, l’enseignement…Les personnages exposent chacun leurs arguments sur cela : d’un côté l’oncle Vania (dont la phrase favorite est « Back to the trees ! ») qui veut retourner à l’époque où l’on vivait encore dans les arbres et non pas dans des grottes et son frère Edouard, père du narrateur, qui a plein d’idées, qui aime les sciences et qui est tout le contraire de l’oncle Vania et de ses idées conservatrices.

Pourquoi j’ai mangé mon père est donc un bon livre qu’on lit rapidement et qui, en plus en nous faire rire, nous fait réfléchir sur l’homme et son évolution.

Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel (2007)

lerapportdebrodeckTitre : Le rapport de Brodeck

Auteur : Philippe Claudel

Année : 2007

Genre : Réaliste

Histoire :

Brodeck vit avec sa famille dans un petit village isolé du monde. La guerre s’est terminée et durant celle-ci, il a vécu d’horribles choses. Maintenant, il travaille en faisant des rapports sur la faune et la flore mais un jour, les hommes de son village lui demande d’en écrire un sur un terrible événement qui vient d’avoir lieu au village…

Critique :

Philippe Claudel, auteur des Âmes grises ou encore de La Petite fille de Monsieur Linh, a gagné le prix Goncourt des lycéens en 2007 pour son livre Le rapport de Brodeck. Il nous plonge dans une histoire étrange, dure parfois à cause de ses descriptions, mais dont on ne connaît ni le lieu ni la date exacte. Le récit évoque fortement la deuxième guerre mondiale et donc l’Allemagne, mais ce qui est raconté est intemporel et pourrait valoir pour toutes les époques, dont la nôtre. Le roman de Philippe Claudel envoie un message. A travers le rapport qu’écrit Brodeck au fil des pages et qu’on tient en fait entre nos mains, il y a un témoignage. Le témoignage d’un homme qui a vécu l’intolérance, le racisme et l’antisémitisme.

« Raconter est un remède sûr », dit-on dans le roman, alors Brodeck raconte, nous parle de ce qu’il vit et de ce qu’il a vécu. Il nous dépeint la haine que les gens ont pour les étrangers, cette haine dont il a été victime pendant la guerre et qu’il voit encore. Elle est terrible, brutale, violente.

Le sujet est très fort, me direz-vous, et je le reconnais, mais ce n’est pas pour autant que j’ai réussi à totalement m’immerger dans le roman, en particulier au début. Le personnage principal, Brodeck, parle de choses qui se sont passées à deux époques différentes, s’éloigne souvent de son sujet, et on a bien du mal à suivre parfois. L’histoire « part un peu dans tous les sens », en fait. Pour ce qui est du style d’écriture, j’ai mis aussi beaucoup de temps à m’y faire et en relisant des passages, je me rends compte que je n’arrive toujours pas à l’apprécier. Comme il s’agissait d’une lecture obligatoire pour le cours de français, je l’ai terminé, mais péniblement.

Contrairement à beaucoup de critiques littéraires et de lecteurs qui l’ont adoré, je n’ai été que très peu touchée par ce roman, malheureusement. C’est donc une petite déception pour ce début d’année.

La Controverse de Valladolid, de Jean-Claude Carrière (1992)

lacontroversedevalladolidTitre : La Controverse de Valladolid

Auteur : Jean-Claude Carrière

Année : 1992

Genre : Historique

Histoire :

Jean-Claude Carrière raconte de manière romancée la Controverse de Valladolid, un débat demandé par le roi Charles Quint et qui eut lieu au XVIème entre le frère Bartolomé de Las Casas et Juan Ginés de Sepulveda. La Controverse, dans le roman, a pour sujet la nature humaine ou pas des Indiens découverts aux Amériques.

Critique :

Avant toute chose, je précise que je parle ici du roman de Jean-Claude Carrière, et non pas de la pièce de théâtre qui a été écrite par après.

La Controverse de Valladolid est un roman globalement intéressant. Le style de l’auteur étant assez fluide, le livre est plutôt facile à lire, même si on a du mal à accrocher aux premiers chapitres, qui placent le décor et qui racontent ce qu’il s’est passé les dernières années avant la controverse aux Amériques. Ensuite, jusque la fin, il s’agit d’un débat. Las Casas et Sepulveda exposent chacun leur vision des Indiens, avec des arguments et des exemples très forts, parfois même très durs pour ceux de Las Casas, qui décrit les horreurs et les massacres de populations qu’il a vu. On finit malheureusement par se lasser. Se livrant une lutte sans merci et cherchant à convaincre le plus possible, les deux personnages commencent à se répéter. Le livre devient seulement ponctué de hauts et de bas pour chacun des deux hommes et par quelques événements, mais qui pour finir, n’ont pas éveillé mon attention plus que cela. La fin et le verdict, en revanche, est terrible, surtout pour nous qui connaissons l’Histoire (celle avec un grand H!).

La Controverse de Valladolid est donc un livre plutôt intéressant à lire, surtout au début. Après, pour ce qui est de la vérité historique, Jean-Claude Carrière précise qu’il s’agit d’une version romancée. Et quand on fait ses recherches sur la vraie controverse, on découvre qu’en fait, le débat a surtout été fait par lettres et que même le sujet n’était pas le même, la question de la nature des Indiens ayant déjà été traitée par le Pape.